Premièrement, Saint Sorlin en Valloire, c’est le pays du « Galéron » cailloux typiques du coin et de la « Boukigliss » terre locale mélangée à la pluie de la nuit précédente. Au XVI eme siècle, le Baron Vassili Cone eut le premier l’idée de mélanger des « Galérons » et de la « Boukigliss » et d’extraire de ce mélange la fameuse molécule de « Glissafon ». La molécule de « Glissafon » fut tout d’abord utilisé en traitement radical de la constipation chez l’éléphant. Les effets chez l’homme dépassèrent toutes les espérances et aujourd’hui encore cette molécule est délivrée par de nombreuses officines, à condition bien sûr de posséder son propre WC portatif. Les descendants du Baron devaient accroître leur fortune en vendant le brevet à la NASA qui enduit ses navettes de « Glissafon » afin de favoriser leur pénétration dans l’atmosphère. De nos jour, Rocco Siffredi lui même est un fervent adepte du « Glissafon » dont il est l’ambassadeur le plus populaire. Donc, vous le comprendrez aisément, le « Glissafon » c’est LE lubrifiant du troisième millénaire, et à Saint Sorlin en Valloire, c’est une longue histoire et tout un chacun, s’inspirant des travaux du Baron Vassili Cone, fabrique dans les arrières cours des fermes sa version du « Glissafon ».
Donc nos gentils organisateurs avaient préparé le terrain, les conditions étant idéales ( pluie une partie de la nuit), ils ont passé tous les chemins au savon noir, ensuite ils ont pulvérisé une fine couche de graisse animale, ensuite un produit vitrifant et la fameuse couche de « Glissafon ». Le temps leur a manqué pour la finition manuelle au polish…….
Passé les quelques km réglementaires d’échauffement nous entrons dans le vif
du sujet.
La Drôme de collines, c’est pas très haut, mais c’est du brutal !! L’électronique embarquée annonce 26 % de pente
, et compte tenu de la préparation du sol la progression est égale à celle d’un Home Trainer !!!! Le cardio s’affole et le sommet
semble s’éloigner !!!! Je perds mes repères, la faim sans doute, je décide de faire une halte pour analyser la situation et j’en profite pour tester mes nouvelles barres énergétiques
« maison » parfum anchois/fraises.
Une fois restauré, plus d’excuses, ça doit passer. J’enfourche mon fidèle destrier, je clipse les pédales, j’appuie sur
les manivelles, bien comme on m ‘a appris, un coup à droite, un coup à gauche, et ainsi de suite. Et la, RIEN !!!! Normalement, le paysage recule, ou le vélo avance, je sais plus très
bien, mais enfin, il se passe quelque chose. La, RIEN !!! 
Ca y est, j’ai compris, j’ai cassé ma chaîne !!!! Je descends de vélo pour constater ce problème technique, et
là : stupeur, la chaîne est intacte !!!! 

Vite, urgence, il faut réfléchir, mais le ventre vide je ne sais pas faire. Aux grands maux les grands
moyens. Je sors mon sandwich rillettes/gratons réservé aux cas d’urgences. Une fois repu, j’enlève mon casque pour me gratter l’occiput comme tous les grands scientifiques à l’aube des grandes
découvertes.
Mon fidèle partenaire Candéloro arrive à ce moment et me trouve le cuir chevelu passablement irrité et plongé dans un abîme de perplexité. Son premier réflexe en voyant mon air hébété et de
penser que je fais une crise d’hypoglycémie. Il se jette sur moi et me gave de manchons de canard confits. Quelques instants plus tard, nous décidons afin d’analyser froidement la situation
d’organiser un débriefing dînatoire. En effet, Candéloro est sujet au même désagrément que moi, plus il pédale, moins il avance !! Son compteur indique toujours la même distance malgré ses
coups de pédales rageurs. La solution nous sera offerte par un autochtone de passage qui nous affranchira sur le « Glissafon ». Le mystère de la montée impossible étant dissipé, nous
décidons pour remercier notre sauveur de partager quelques cochonnailles tirées du sac. Je finis la montée de manière pédestre, ce qui procure l’avantage inouï de pouvoir s’alimenter facilement.
Quelques petits farcis Nicois déposés par inadvertance dans mon CamelBack me font patienter jusqu’au plateau ( de fromage )
.
Maintenant que nous sommes familiarisés avec la nature du sol, il faut aussi remettre en question nos habitudes visuelles, surtout dans les descentes. En règle générale, celui qui suit voit l’arrière du vélo qui le précède. Hé bien pas à Saint Sorlin !!! au fur et à mesure que la descente se fait plus raide, je vois mon Candéloro : en biais, penché à 45°, de FACE ???? à plat sous le vélo, en vrac, en l’air !!!!! en colère… ankylosé. Les descentes ne sont pas très dures, mais contrairement à nos habitudes, ici les freins sont tes ennemis. Tu touches l’avant et le vélo se couche et toi avec. Tu touches l’arrière, et le vélo accélère !!!!!????? Je sais, c’est difficile à croire, mais c’est vrai, que je fasse un régime si je ment. Ajouté à tout ça, des sous bois denses à souhaits, on dirait la nuit, je reprends des tripes froides réputées pour accroître l’acuité visuelle. Donc je récapitule, il fait nuit, nous descendons sans lumières dans des ornières glissantes remplies de galets lisses comme des anguilles sur des boulets de canons lancés à toute allure et sans freins. Une seule solution, PRIER !!!!
-« ….donnez nous aujourd’hui notre pain quotidien …. »
Ben oui, j’en connaît pas d’autres, et puis j’aime bien ce passage.
Dieu existe, nous arrivons en bas de la piste de bobsleigh vivant, perso je double même mon vélo pour arriver tête première dans un parterre de fraise des bois, ça tombe bien, j’avais un petit creux.
De montées en descentes, nous commençons à maîtriser le terrain quand nous arrivons dans les zones de la « Boulikid », c’est le stade précédant la « Boukigliss ». Toute la technique est à revoir, car les trous de « Boulikid » font souvent toute la largeur du chemin et peuvent atteindre 75 mètres de profondeur. Je trouve la technique idéale, je passe APRES Candéloro.
Tant que le casque dépasse, je le suis, si le casque disparaît pendant plus de six minutes, je préviens les secours. Nous
sortons indemne des passages de « Boulikid ». Mais c’est pour affronter un péril bien supérieur. Le Vallon des L.O.F. (Limaces Orange Fluo). la F.F.C. est formelle, il n’y a rien de
plus dangereux qu’un F.T.S.L.O.F. ( Freinage Tardif Sur Limace Orange Fluo) Les limaces ici, ont la taille des boas constrictor, elles sont oranges
fluo
et légèrement transparentes
et plus abondantes que les patrons du C.A.C. 40 le jour de la distribution des stock-options. Nous avançons avec circonspection ( je précise pour Candéloro que « circonspection » est un
complément circonstanciel de manière et non pas un nouveau pseudo de VTT26.NET). Malgré tout, l’incident tant redouté arrive je me rend coupable d’un F.T.S.L.O.F. la limace éclate, ses viscères
se prennent dans mes rayons, et c’est l’O.T.B., je plane sur quelques mètres pour arriver tête la première sur le ravito tout proche.
Les bénévoles me relèvent et m’alimentent frénétiquement pour éviter un choc post traumatique.
Mes aïeuls, que de péripéties !!!!!
C’est restauré comme un monument historique du XVIII éme que nous reprenons la route.
Dans une montée longeant un champ fraîchement fauché, je pense être victime d’hallucinations : mon pneu avant a les cheveux qui poussent !!!!!!! 
J’adopte le schéma de réflexion précédent :
Alimentation, analyse, compréhension !!! Ca marche, la solution m’apparaît, limpide, Les passages répétés dans la « Boukigliss » ont couvert mon pneu et les brins d’herbes
fraîchement broyés se sont collés entre les tétines. Mon pneu avant ressemble à Bob Marley !!!! On rigole bien à Saint Sorlin !!!! Pour fêter cette découverte scientifique de toute
première importance nous organisons un pique-nique avec le reste des provisions retrouvées miraculeusement dans le coffre sous la selle de mon VTT.
La fin de la randonnée n’apporte pas plus de péripéties.
Le bilan pour cette première à Saint Sorlin en Valloire est plutôt positif, des paysages bucoliques reposant, des sous
bois magnifiques, le coté « holliday on ice » n’est pas de la faute des organisateurs qui nous ont offerts un balisage sans failles sur ces 44 Kms.
On aurait aimé un peu plus de single, mais globalement on a passé un bon moment.
Merci donc aux traceurs, baliseurs, cireurs, et à tous les bénévoles.
Bilan technique : 44 Kms « avalés » en 3h et 8 m.
Déniv. + 1347m ( mais mon GPS est de Marseille)
Calories grillées 2658 (soit 0,3 % du total disponible)
Figures homologuées : 3 doubles axels, 2 triples loops piqués et 4 toupies infernales
Mais je dois vous quitter, j’aperçois Nelson Monfort qui, bouclettes au vent, s’approche de Candéloro pour la traditionnelle interview.
«Hello Candé, I hope you find Jésus in the Boukigliss. Forza Italia. Donde esta la comida ?
Ich bin ein klein moumoute. Wonderfull. Mucha gracia. Arrivedercci Gigi l’amoroso »
A vous les studios !!!!
Bart