Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /2009 09:10

Le défi était à la hauteur des parcours envisagées et c'est à 6 , Nadine, Alain ,Cric, Gyome, Bart et moi même que nous avons démarré ce périple le vendredi 12 (ouf) juin, départ de Saoû direction Lozeron, 50kms 1700M D+, avec beau temps annoncé pour les 3 jours.
Lozeron où notre hôtesse Anne France du gîte des peupliers nous a reçu comme des rois, nous avons mangé comme des gorets à son excellente table  d'hôte ! Anne France, on va sûrement revenir !!!!...nous, quand on nous prend par les sentiments...

Ce séjour intensif a inspiré Bart qui nous délivre ici son tryptique grassouillet !



Vercors Calorie Contest - Expérimentation Jour 1 La communauté scientifico-sportive réclamait depuis toujours une étude SERIEUSE sur la diététique de l’effort. Les Tontons Dérailleurs l’ont fait.

Le principe de l’expérimentation est simple. Prenez un VTTiste dodu, Gros Bart par exemple, faite le suer abondamment au soleil sur un parcours sélectif. En même temps remplissez le de rôtis en tous genres et de gratins copieusement crémés. Secouez le tout frénétiquement, mesurez le sujet avant et après et tirez en les conclusions qui s’imposent.

Le protocole de test est rigoureux, 150 Kms de chemins, 5000 M de D+ en trois jours consécutifs dans le Vercors et pour compenser tout ça, viandes en sauce et gratins à tous les repas. L’équipe scientifique se compose de :

  • Picotopo à l’organisation,
  • Nadine qui valide le concept de parité homme/femme,
  • Maître Gyome le Buissardier qui apporte les vérifications juridiques d’usage,
  • Cric le directeur de la photo,
  • Alain le vidéographe,
  • Franois invité de dernière minute en guest star
  • Gros Bart le cobaye.



C’est la première V.C.C. Vercors Calories Contest, une expérience unique au monde avec le concours du Ministère de la jeunesse et des sports, du secrétariat d’état contre la Faim dans le Monde, du fond Mondial pour l’alimentation et de la boutique COCHONOU MY LOVE de Léoncel. Le collectif « Cholestérol : Pourquoi pas ? » sponsorise toute la partie alimentaire de l’événement. Une banderole « HYPOGLYCEMIE PLUS JAMAIS » sera à cette occasion hissée sur le plus haut sommet du Vercors.Le top départ est donné le 12 à 9h30 sur la place du village de Saoû


Picotopo surveille la manoeuvre qq peu inquiet, Nadine prête à dérouler, Cric inconscient du traquenard…

Une grue de 50 tonnes me hisse sur mon vélo, mes cales sont soudées aux pédales afin que je ne puisse pas m’échapper, des capteurs hérissent mon corps, la science est en route !!!! L’électronique embarquée annonce un poids total de cycliste de 78,215 Kg. Première vérification, j’absorbe une tartine de rillettes, aussitôt les capteurs réagissent : 78, 318 Kg et + 134 calories. Les assistants me lâchent et ce sont les premiers coups de pédales direction la forêt de Saoû. Un début tout en douceur avant la première difficulté, le portage vers le Pas du Faucon. Nous moulinons gentiment jusqu’à la ferme FUOC puis nous commençons à porter. Des assistants postés là à cet effet ont dessoudés mes pédales et m’ont menottés au cadre afin que je puisse porter mon Bike. Picotopo qui a peur que je m’enfuie a décidé de me maintenir captif dans les premiers temps. Il a beau me répéter que ce parcours est très facile, je suis fébrile quand je vois son nez prendre les proportions de l’obélisque de la place de la Concorde. Picotopo promet de me libérer demain. Le portage est expédié en une grosse demie heure. Le temps est superbe, le paysage grandiose et la luminosité exceptionnelle, Cric shoote à donf.


Si on vous dit que le ciel est radieux et le paysage à couper le souffle !!! Comment ça il ne s'agit que d'une expression littéraire et cela ne peut en aucun cas expliqué les difficultés de la progression... bon ben je vais trouver une autre excuse alors...

quand soudain un izard déboule tout prés de nous en poussant de grand cris « ZOU !!! » « ZOU !!! » « ZOU !!! » Quelle beauté, hé oui, c’est bien l’ IZARD à ZOU. ( les puristes signaleront que l’Isard se trouve plutôt dans les Pyrénées, mais de nos jours, avec la crise, c’est pas facile de placer des jeux de mots foireux )

Un peu d’eau une demie barre et nous pouvons attaquer la longue descente jusqu’à la Drôme via Piegros la Clastre. Soudain j’aperçois Maître Gyome couché en travers du chemin, couvert de poussière il prend un air dégagé et m’affirme : - « non !!! je ne suis pas tombé !!! »« et tes lunettes à 10 mètres ???? » - « bon, d’accord, je suis un tout petit peu tombé, mais c’est pas ma faute, c’est à cause d’Yvette » - « Yvette ??? ….. »

Nous sommes absolument seuls, je pense qu’il a du heurter la grosse pierre à côté de sa tête. - « Hé ben oui quoi, tu connais pas Yvette Ornière ??? » Je préfère me taire, je suis allergique à ce genre d’humour pendant les expérimentations scientifiques.

Nous rejoignons le reste de l’équipe regroupé autour de Cric qui vient de cisailler sa première valve. Le dernier single rapide et ludique jusqu’à Piégros est expédié comme un Collissimo par un employé zélé.


Maître Gyome, l'air de rien après une première envolé avec un atterrissage pas assez discret...

Eygluy. Je prend 4 litres, j’ai mis deux poches dans mon Camel, au cas ou je doive me faire cuire des pâtes…. La Drôme franchie, nous entamons la montée en direction du col de l’Armurier au dessus de Blacons.

L’équipe est soudée, Picotopo mouline en tête, et tel un guide spirituel de révolution Islamique, il nous indique la voie sans faillir. Alain et Nadine ferment la marche, je me demande si il n’y a pas quelque chose entre ces deux là…. Cric immortalise tous les paysages, Gyome se concentre sur son pilotage, quand à moi je sue. La température est caniculaire, les montées sont funiculaires et c’est pas mon anniversaire. Picotopo nous prouve que le plus dur chemin d’un point à un autre n’est pas la ligne droite, il nous promène dans un dédale de single, mon GPS vomit deux fois !!! Mes capteurs annoncent un déficit de calories conséquent, mais l’heure du pique-nique tiré des sacs est atteinte, la rigueur scientifique m’oblige à stopper, ça tombe bien , Picotopo a cassé sa chaîne. Réparation et restauration sont menés de conserve au belvédère en dessous de Mirabel

Nous nous élevons ensuite en direction de Beaufort, toujours assaillis par le soleil, je laisse une longue rigole de sueur derrière moi et telle une oasis sous la pluie, la nature reverdit après mon passage humide. Alain aide Nadine dans les portages et je commence à être de plus en plus persuadé qu’il y a quelque chose entre ces deux là !!!!


Qq chose entre Alain et Nadine ? Non vraiment moi je ne vois pas...

Soudain, nous sommes confrontés au premier gros problème technique, Picotopo est déréglé ! Si il nous fournit bien encore la bonne direction, il a tendance à inverser la dénivellée. Nous sommes au fond d’une grande combe, façon cirque de Gavarnie, et notre guide nous annonce :

« A partir de maintenant, ça descend !!! »

Nous le regardons tous étonnés, et commençons à pédaler pour ne pas le contredire, mais : MAMMA MIA !!!! quelle MONTEE on se prend dans les dents !!!!

Jusqu’à la fin de la journée, il nous faudra décoder les infos, une descente technique devenant une montée facile et inversement. C’est sûrement deux fils qui se sont touchés, je bricolerais ça ce soir au gîte.

Picotopo nous fait passer la où nous ne serions jamais passés tout seul, sur des chemins à peine marqués A partir du Col de la Coix, nous empruntons une partie de l’itinéraire de la free de Franois cet hiver. Une bonne descente sur un single étroit et pentu nous amène à Eygluy Escoulin pour un plein d’eau suivi d’une halte prés d’un cerisier perdu au fond d’un val. Nadine s’enchaîne au tronc et jure qu’elle ne partira pas avant d’avoir tout mangé. Nous l’aidons à finir le cerisier, sans trop de réticences, tant ces fruits sont noirs, gorgés de soleil, de saveurs et de sucre. Alain le grand attrape les plus belles tout en haut et les offre à Nadine. Je mettrais ma main au feu qu’il y a quelque chose entre ces deux là. Les cerises me permettent de compenser mon déficit calorique et d’atteindre le gîte.

Le gîte des peupliers de Anne France à Lozeron est un petit havre de paix, nous avons une vue panoramique sur la forêt de Saoû, l’ambiance est campagnarde, des poules, des moutons (vous connaissez mon amour légendaire des animaux), un calme olympien règne sur cette fin de journée.

La douche réparatrice est prise avec un bonheur non dissimulé. And now, ladies and gentlemen, it’s Markus time !!!!

Notre logisticienne Françoise, complice de Picotopo a pendant cette première étape rapatrié toutes nos affaires au gîte, avec une grosse réserve de Markus, donc, le réconfort sera à la hauteur de l’effort !!

Cet apéritif absorbé, je me dirige sans crainte vers la deuxième partie de notre test scientifique : LE SOUPER. Je dois tenir, même si ce n’est pas facile, la science à besoin de moi !!! Picotopo propose de m’enchaîner à ma chaise pendant le repas, c’est lassant ce manque de confiance. Je jure sur la tête de Gaïa que jamais de toute ma vie je ne me suis enfui pendant un repas.

Bizarre, bizarre, Alain s’assoit à coté de Nadine, je suis quasiment persuadé qu’il va se passer quelque chose entre ces deux là. Le repas commence, et les capteurs crépitent, le compteur de colories commence à remonter, les montées répétées de la journée ont indiquées moins 3217 Calories à l’arrivée au gîte. Salade et caillettes chaudes, Zou + 1345 K, gratin Dauphinois et daube de bœuf + 1555 K, du pain pour saucer + 82 K, Anne France m’ordonne de me resservir, j’obtempère, si vous connaissiez Anne France, vous feriez comme moi, et en plus j’ai encore un peu faim, donc + 318 K je finis le repas tout à la volonté, fromage de chèvre et une ventrée de cerises du jardin.

Avec le vin et les cahuettes de l’apéro, je suis à + 157 K en données cumulées.


Moment crucial de l'expérimentation... le premier repas du soir... en rescousse au cas où,sur l'arrière plan la boîtes de Meringues dite de la dernière chance... plus communément nommé douceur d'Aurore... A noter l'effroi de notre hôte face au sujet observé...

La première conclusion est plutôt positive, il semble qu’il soit possible de s’alimenter correctement après avoir pédalé, reste à savoir si l’inverse sera vrai demain.

La prochaine étape promet d’être beaucoup plus dure, avec environ 56 Kms et 2200 de D+, des portages de Cow-Boy et des descentes de trappeur.

Donc dodo bonne heure, tiens tiens, Nadine et Alain se dirigent vers la chambre avec le lit à deux places pendant que nous occupons le dortoir. Je crois vraiment que quelque chose est en train de se nouer entre ces deux là.

Quand à nous, c’est dans le plus pur style « chambrée de bidasses » que nous nous préparons au sommeil, un vieux pneu Maxxis coupé en quatre fait un « doudou » chacun pour passer une nuit sans cauchemars. Bercé par le bruit de nos gencives sur le caoutchouc, nous trouvons un sommeil peuplé de rêves de pierriers survolés.

Suite au prochain épisode …


Bart.

 

Par tonton
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