LE 10 ET 11 MAI 2008
une rando en ardèche avec nos collègues de VTT26.NET, Gyome et Cric26
La rando de la Valslopett
ou
la gué-pride en ardèche signée Bart
Non, non, non …. Ne fuyez pas, il ne s’agit pas d’un commentaire perdu sur la dernière « gay pride », mais bien du compte rendu de la ballade que nos amis Ardéchois nous ont préparé pour la Valslopette. Je disais donc bien « gué pride » tant l’abondance des pluies du printemps nous a fourni de multiples possibilités pour tester nos capacités de franchissement cyclopèdique en milieu aquatique.
Nous avons donc commencé par le « gué-part », qui comme chacun sait annonce le départ, suivi comme son ombre par le « gué-pied » dont on ne sort qu’en posant le pied, dans l’eau évidemment !!!. Vous l’avez compris, ces deux jours seront prétexte au franchissement de tout ce que cette partie d’Ardéche compte de ruisseaux, rivières, fossés, torrents, cascades. Seul le bras de mer nous a été épargné pour cause de marée basse sans doute, le sol jonché de ces fameux « oursins Ardéchois » appelés ici bogue de châtaignes prouve que cette théorie est des plus plausible.
C’est le moment de franchir alors le fameux « gué-ris-donc !! », celui qui tombe est la risée des autres, et le peloton n’étant pas encore étiré, c’est dans la moquerie et l’hilarité générale que les malchanceux ressortiront du cloaque, la fierté en bandoulière. Au menu, on nous propose alors le « gué-rilla », à franchir comme pendant une opération de commando !!! Les machines sont déjà sales, et les pilotes chauds comme des baraques à frites, alors un seul mot d’ordre : GAZZZZZ !!! j’en profite pour me frotter le museau dans les orties qui bordent la sortie. Rika Zaraï avait raison, c’est bon mais c’est chaud !!!
Le chemin qui nous guide alors sur les bords de l’Ardéche s’élève tranquillement vers les falaises, et à partir de ce moment, tout le reste du parcours se fera dans une succession de sous-bois éclatants, de traversées de hameaux, de montées langoureuses alternées avec des descentes, plutôt soft le premier jour, et top du top le second.
Arrive alors le fameux « gué-rier » franchi comme il se doit à la hussarde, la circonspection des premiers franchissements a fait place à une sorte d’euphorie qui nous fait nous précipiter bille en tête, sans se préoccuper, ni de la profondeur, ni des cailloux , ni du courant. Quelques dommages collatéraux plus loin, c’est à dire après quelques trempettes involontaires, le Team VTT 26 reprend tranquillement son périple. Pour venir à bout de la distance et pouvoir enchaîner la suite du lendemain, nous avons opté pour le rythme soft, et nous profitons des paysages et des ravitaillements pour nous en mettre plein les yeux et plein la panse !!!! Il y a de quoi faire, autant du côté des endroits traversés que du côté du choix des victuailles proposées. Nous sommes sensibles à toutes ces petites attentions des traceurs qui nous font cheminer dans les ruelles de petits bourgs ou qui nous détournent d’un itinéraire direct pour le plaisir de nous rajouter 100 mètres de drailloux.
C’est dans le « gué-vara » qui s’ensuit, que Picodon tente comme il se doit, une révolution, dans le sens premier du terme bien sûr, c’est à dire un tour complet sur lui-même. Le vélo s’étant à la sortie du gué dissocié du cycliste, la figure ne sera pas totalement homologuée. Le cycliste lui-même, n’étant pas entièrement trempé, il ne pourra pas y avoir de moquerie officielle pendant de nombreuses années.
Les chemins jouent l’alternance, du single, de la piste, du pin, du châtaignier, de la bruyère, et toujours ces sous-bois printaniers de feuilles vert tendre illuminés de rayons de soleil. Parlons-en du soleil, il commence à me faire cuire sous mon beau casque noir mat acheté cet hiver. Jusqu’à présent, pas de grosses chaleurs, donc pas de problème, mais là ça coince, arrivé au troisième ravitaillement, ma tête me fait l’effet d’une patate dans une cocotte minute en fin de cuisson !!! je me décasque (oui, je viens de l’inventer) et je m’asperge longuement l’occiput d’eau fraîche. Après quelques minutes de mou, la température redescend et je repars nickel.La leçon du soleil printanier Ardèchois est retenue, je ne passerais plus à proximité de l’eau sans m’asperger longuement, et ce petit désagrément ne se reproduira plus.
Fin de la première étape, bilan très positif, du fait de notre cadence raisonnable, nous ne sommes pas cramés, l’organisation est au top, ravitaillements, repas de midi, balisage, parcours intéressants et de toute beauté, très bon accueil tout le long du parcours, donc, rien à dire, si ce n’est : que du bonheur !!!! Nous ne sommes pas hébergés au camping de Joyeuse pour cause d’inscription tardive, et nous sommes obligés de regagner notre mobil-home au fond de la vallée de la Beaume. Petit check des vélos, douche réparatrice, bière Markus, poulet rôti, ravioles, Bordeaux grand cru et dodo à 22 h 00, l’étape de demain est plus courte, mais annoncée comme plus difficile !!!
Dringgg !!! Drinnnggggg !!!! Allez, on se lève, et on commence par tester les muscles et l’ossature des squelettes, crac par ci et par la, globalement tout va bien, je pense que c’est dû au concentré de bonne humeur qui a agrémenté ces deux jours. Une bonne équipe homogène avec à l’esprit le même objectif est un moteur magique pour participer à ce genre d’événement. J’arrête, je vais pleurer tellement c’est beau !!!! En réalité, vous savez bien comment ça ce passe, concert de bâches successives, moqueries au moindre échec, remise en question perpétuelle des possibilités physiques, mise en doute des compétences intellectuelles, railleries concernant une hypothétique surcharge pondérale. Le tout enrobé par la délicate ambiance créee par quatre célibataires en goguette, c’est à dire, décoration perso du mobil-home à base de chaussettes moisies essayant désespérément de sécher, dispersions de gaz intestinaux provoqués soi-disant par ces merveilleuses boissons dites « de l’effort », réflexion « philosophique » à faire passer un bonobo pour un prix Nobel de littérature. Cette saine ambiance de l’étape nous ayant requinqués, nous sommes fin prés au départ de la deuxième étape à 8 h 45.
C’est du dur annoncé, et du beau aussi, alors nous partons en tête de la troisième vague, c’est tout de suite le vif du sujet, une descente « Orangina » secouez, secouez moi !!!! quelques lacets plus tard, la pulpe est déjà décollée du fond, ce n’est qu’au fond de la vallée, que nous sommes confrontés à la dure réalité de la remontée !!!!
Il faut ouvrir ici le chapitre du « MAL AU CUL », la descente s’étant faite debout sur les pédales, et puisque en tant que sportifs accomplis, nous avions négligé l’échauffement sur le vélo (au détriment d’un dernier croissant). C’est au début de la première montée du jour que nous reposons les fesses sur ces modèles de confort qui nous servent de selles. AIE, AIE, AIE, trois fois AIE !!!! Qui a placé un oursin Ardéchois sur ma selle ???? Quoi, mon fondement que je croyais tanné par une pratique hebdomadaire, se révèle avoir la sensibilité de la peau du nouveau-né ???? Ais-je monté, par inadvertance ma selle à l’envers, les rails au dessus ????? S’agit-il d’une farce, mes camarades m’ont-ils collé du gravier au fond du cuissard ???? Suis-je assis sur le guidon ???? Au fait, ai-je bien une selle ???? Suis-je en proie à une crise hémorroïdaire ???? Qui suis-je ???? AIE,AIE,AIE, mille fois AIE. Vous l’avez tous compris, et vous connaissez sans doute le problème, c’est le premier quart d’heure qui coûte. Fin du chapitre médico-scientifique.
Heureusement, l’Ardéche est toujours là, encore plus belle sous un soleil éclatant et sur un tracé qui s’annonce tout de suite beaucoup plus dur. Encore et encore des passages à gué, une bénédiction, avec la chaleur ambiante, sans plus aucune retenues, nous passons successivement le « gué-méné » nous en profitons pour faire l’andouille, le « gué-rnica » il faudra batailler pour le passer, le « gué-risseur » très profond qui nous vaudra un bain de siége des plus réparateur pour nos fondements endoloris, le « gué-rande » où j’ai changé de sel, le « gué-luron » où nous avons piqué un fou rire.
Parlons-en du tracé ; du single à la montée la plupart du temps et des descentes, AIE, AIE, AIE, MA MERE !!!! du gros, du bon, du technique en veux-tu, en voilà, dans le sable, dans la caillasse, ça passe ou ça casse !!!! Globalement, ça passe, mais ça tabasse, ça malaxe. Dans les pins, dans les châtaigniers, ça brasse et ça tasse, entre deux frayeurs, il me reste assez de salive pour déclarer à Gyome « c’est plus un squelette que j’ai, c’est un puzzle !!!! » Les descentes de folie s’enchaînent le plus souvent dans de la bonne grosse caillasse, gamelle interdite !!!! Le châtaignier, en Ardéche, c’est « l’arbre à pain », qu’est ce qu’on prend comme pain !!!! Toujours aux avant-poste Cric se bat avec Picodon et avec son Lapierre à la suspension arrière bloquée.(une nouvelle technique 100 % Française, le tout suspendu rigide !!!!). Gyome se jette dans les pingles et les buis, mais avec modération, sans chuter !!! Il faut dire que la pingle Ardéchoise est moins brutale que la pingle du Diois, elle est plus dodue, plus accessible quoi !!!
Le repas de midi, grand moment champêtre, dans une clairière ombragée avec une débauche de victuailles est tout à l’honneur des organisateurs qui ont déplacé une logistique impressionnante. La crème de marron coule à flot, il y a la source pas loin paraît-il !!!! la charcutaille s’empile dans nos assiettes, je verse une larme, c’est trop beau ……
Allez, il faut finir, les jambes sont lourdes, le rythme se ralentit un peu, la chaleur devient de plus en plus lourde, un dernier gué, le plus beau, surplombant une cascade, franchissement aisé et gerbes d’eau assurées au grand bonheur des enfants qui pique-niquent. Une dernière montée éprouvante et encore de la descente. Gyome nous gratifie d’une portion pendant laquelle il « débranche le cerveau ». Il franchit successivement deux marches impressionnantes et il se permet de doubler dans la caillasse. La dernière descente, alternance de cailloux, de sable, et de dalles de rocher au milieu des pins restera comme un des grands souvenirs de ces deux jours.
Arrivée à Aubenas avant la pluie, accueil des plus sympathique une fois de plus. Organisation tip top, balisage excellent pas trop agressif et efficace, ravitaillements parfaits, bénévoles charmants, itinéraire excellent, merci pour la découverte de l’Ardèche et pour finir bravo pour les chemins, on s’est régalé !!!!
Quelques données techniques pour les amoureux du genre.
J’ai avalé deux moucherons et une mouche.
J’ai donné 495692 coups de pédale gauche et 495710 coups de pédale droite !!!!….. ?????
J’ai perdu du poids.
J’ai perdu mes illusions quand le Rocky-mountain m’a littéralement déposé dans un pierrier !!
J’ai beaucoup ri.
J’ai mal aux jambes.
Merci à tous.
Texte de Bart et photos de Cric.
Et pour finir, un grand bravo et tout mon respect au dossard 144, il sait pourquoi !!!!!!
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