Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité

Bienvenue chez les cht’is

 



Vous vous en doutez un peu, la Bartavelle de cette année, c’était

 «  LEUU  NNOOOORRRDD !!!! »

Arrivée 8 h 00 sous une pluie fine, ciel bas, brouillard, -15° au thermomètre de la Clio.

Je refuse de sortir de la voiture, je crie, je pleure, je veux retourner sous ma couette.

Pico, Laleu, Cric et Bébert 07 me supplient de sortir, rien n’y fait, ils essayent la violence, pas mieux, je griffe, je trépigne, je hurle. Un attroupement se forme, prudemment mes tortionnaires battent en retraite. Je suis bien au chaud dans la voiture, enfermé de l’intérieur, un CD de  Françoise Hardy qui passe au ralenti et en sourdine quand je me fais piéger comme un débutant, par la vitre à travers la buée, je vois une tartine de Maroille qui passe à coté de la Clio !!!!! J’ouvre la portière, je me précipite, la tartine accélére  ??? Trop tard, c’était un piége, Bébert 07 me ceinture, il me tend mon inscription et me dit : « Tu signes et je te donne la tartine ». Dompté, j’obtempère.

Je me console avec la tartine, Bébert qui a des remords me tend un café au lait pour faire descendre le Maroille.



 

 

 

      Bon, plus d’excuses, faut y aller. On ne se bouscule pas, peu de : courageux : téméraires : inconscients ( rayer les mentions inutiles ) ont fait le déplacement.

      Petit chemin roulant pour débuter et mouliner afin d’atteindre une température de fonctionnement correcte. Les organisateurs ont fait alterner les portions de boue gluante et de sable humide, le cocktail est efficace, les vélos sont pourris en deux temps trois mouvements. Ma cassette et ma chaîne sont neuves, je fais mine d’utiliser cet argument pour faire demi tour, peine perdue, Pico, Laleu et Cric ont établi des tours de garde pour me surveiller, toujours un devant et deux derrière !!! Je suis fait comme un rat.
La pluie ne cesse pas, c’est le Nord avec la mousson !!!



 

      Il faut survivre, je positive. Rapide calcul, Bébert  07 devait attendre environ 200 à 300 quidams, et à vue de nez, nous ne serons pas beaucoup plus de 50, sachant que ce temps de M…. est un impondérable, il doit théoriquement y avoir du ravito pour 300, que je divise par 50, ce qui donne 6 parts chacun !!!!! Cet objectif devient mon rayon de soleil.



 

Bart à fond les manivelles à la poursuite des ravitos...

 

    



Les chemins deviennent plus glissants, plus montants, plus tournants et la pluie plus mouillante je me demande si mon cadre ne vas pas se ramollir avec toute cette humidité ?

Heureusement, j’ai mon Graal en ligne de mire, une sorte de rêve, qui tournicote devant mes yeux, mes paupières sont lourdes, mon rythme se ralenti ( qui a dit ce n'est pas possible, car moins vite on tombe ?? ). J’imagine un ravito pour moi tout seul, il fait beau, mon corps fluide et bronzé fend l’azur d’une matinée ensoleillée, les bénévoles ( exclusivement féminines ) crient mon nom à mon arrivée, toutes me tendent des tartines de rillettes, certaines s’évanouissent en hurlant mon nom, d’autres s’en vont hagardes après avoir pu effleurer mes muscles…… Je me réveille quand mon casque tape dans le chêne, juste avant de m’étaler dans un bras de mer !!! Ce n'est pas grave, j’étais déjà mouillé.



 

       A la difficulté du parcours, s’ajoute la volonté farouche du sol de se dérober sous les pneus !!!  Je soupçonne Bébert 07 et ses potes d’avoir passé tous les cailloux, tous les rochers, toutes les dalles avec un mix de 3 en 1 allongé avec de la cire et du polish !!!! On se croit dans holliday on ice !!!! A tel point que Pico qui passe sans se méfier sur une dalle légèrement en dévers se retrouve inexorablement envoyé vers le ravin !!! Il ne doit son salut qu’à un arbre providentiel. Il se retrouve pendu d’une main à une branche avec son Trek dans l’autre main … Mon premier réflexe et de lui jeter des pierres et de m’enfuir, mais Cric et Laleu ont déjà organisé le sauvetage, enfin surtout Cric, parce que Laleu qui pense obtenir le Pulitzer avec un tel scoop filme la scène et demande même à Pico de tenir la pose, il n'a pas le choix Pico, si il lâche, il tombe !!! Un vieux souvenir de cassoulet partagé me ramène à de meilleurs sentiments envers Pico. Je sauve le Trek et Cric sauve Pico. Pour le reste de la rando, nous changeons le pseudo de Pico qui devient Candeloro ….



 

Candeloro sur un magnifique enchainement de triple loops piqués...

 

   



  La descente qui suit cet épisode tragi-comique est des plus brutale, fraîchement ouverte dans l’pentu avec une marche de trappeur pour finir. Un quidam sur son Spicy nous passe tout ça les doigts dans le nez, ça énerve. On est au fond de la vallée, il faut donc remonter, on est loin des pentes douces du départ, mais on a pas le choix, on est au milieu de nulle part, il pleut toujours, les arbres effleurés nous arrosent copieusement de toute l’eau retenue par leurs feuilles. On est pas mouillé, on est en train de devenir liquide !!!  j’ai des branchies qui poussent et les pieds qui se palment.  Au détour d’un chemin, ce n’est pas un lièvre qui détale, mais un saumon qui frétille !!! L’herbe c’est transformée en algues depuis longtemps. Je me dit que si on a besoin de secours, avec ce plafond bas et toute cette eau, c’est pas l’hélico du secours en montagne qu’il faut prévenir, mais la marine nationale.



 

       Bon, enfin le ravito tant attendu est la !!!  Je vais devenir une arme d’absorption massive, a moi la crème de marron, la caillette et le picodon ( non, pas Candeloro, le fromage ) Quand soudain, HORREUR !!!! que vois-je !!! Le docteur Caloriestein !!!! Mon coach minceur. Il a réussi à retrouver ma trace au fin fond de la savane Ardéchoise. Il monte la garde devant le ravito aidé par trois gardes du corps et six pitbulls agressifs, bien décidé à m’empêcher de m’approcher du festin. Il me tend une demi biscotte sans sel avec une noisette de fromage blanc à 0%.



De son autre main il me vise avec son police magnum 357 à canon scié. Il s’écrie :

-         Tu n’auras rien d’autre Bart, tu es au régime.

-         Tu ne peux pas me faire ça Caloriestein, c’est trop cruel !!!!

-         N’avance pas sinon je lâche les chiens !!!

L’idée de manger un pitbull me traverse l’esprit.

-         Je te propose un marché Caloriestein, tu me laisse passer et ce soir je te promet de goûter à ton steack de soja bio aux épluchures de navet bouilli.

-         Non Bart, tu doit être fort !!!!!


C’en est trop, mon sang ne fait qu’un tour, je me précipite sur Caloriestein. Rapide comme l’éclair, je lui arrache son arme. Dans la foulée je farci de plomb les six molosses enragés, devant ce spectacle, les trois gardes du corps restant s’enfuient dans le maquis. Avec des chambres à air, je ligote le docteur Caloriestein à un chêne sous le regard médusé des bénévoles. Je peux enfin me restaurer.

Deux heures plus tard, après avoir donné quelques coups de pieds à ce maudit Caloriestein,  nous pouvons enfin repartir, Cric, Laleu et Pico ont trouvé la halte un peu longue, mais mon moment d’énervement  les a un peu effrayé, ils ont préféré me laisser effectuer un ravitaillement correct.


         Repus et sereins, nous nous attaquons à la suite des festivités. Du bon single Ardéchois, glissant comme une anguille, tortueux comme un pied de vigne. Laleu , Cric et Candeloro ne semblent pas souffrir des difficultés, je les suis de loin à mon rythme, doucement dans les montées et prudemment dans les descentes. Mon CamelBack rempli avec deux litres de crème de marron me permet de passer le temps, je ne quitte pas la pipette de la bouche, il faut aspirer fort, mais ça marche.


         Les passages chauds bouillants s’enchaînent, Candeloro qui tente encore un triple axel avec boucle piquée se retrouve à mordre la poussiére, heu non pardon : à boire la gadoue. Il nous aura régalé ce Candéloro, il faut reconnaître qu’il y va de bon cœur, toujours le premier à se jeter dans le pentu, on tente et après on fait un bilan du style : «ha ben non, la ça passait pas » il faut dire que la pluie a bien changé la donne, ce qui était franchissable sur le sec prenait des allures de mission impossible.


        Et que dire de ce drôle de personnage croisé dans son gigantesque bateau avec tous ces animaux à l’intérieur…..


        C’est finalement grâce à une carte marine du rail d’Ouéssant que nous avons pu rallier l’arrivée, escortés par deux navires écoles de la marine nationale.

 

 

 

      Dommage pour Bébert 07 et ses amis qui se sont dépensé sans compter pour nous offrir cette belle rando. La pluie omniprésente ne nous a pas permis de prendre le plaisir que des chemins secs n’auraient pas manqué de nous offrir.

 

 

 

      Bilan 42 Kms en 3h 36, des mycoses entre les doigts de pieds, une coupe pour les Tontons dérailleurs, de la caillette chaude en veux tu en voilà à l’arrivée, de la bonne humeur avec les compères Cric et Laleu. J’ai oublié de détacher le docteur Caloriestein attaché à son arbre, que les loups le dévorent cet affameur !!!!!!



Si qq'un passe près du menhir, prière de détacher le doc de Obélix (euh non j'ai rien dit, noon Bart pas la cuisse... noonnn suis pas comestible)

 

      



Merci à Bébert 07, à Saint Marcel d’Ardéche et à tous ses bénévoles.

Bart

ET LA VIDEO DE LALEU :

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :